samedi 21 novembre 2015

écouter: Evgeny Morozov, Le mirage numérique. Pour une politique du Big Data


écouter: Evgeny Morozov, Le mirage numérique. Pour une politique du Big Data
La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué, 20.11.2015

Evgeny Morozov
Le mirage numérique
Pour une politique du Big Data
Les Prairies Ordinaires
2015


Présentation de l'éditeur
Avec l'Internet des objets et les big data, qui reposent sur la collecte et le partage de données en temps réel, une poignée d'entreprises californiennes promet de nous offrir abondance, prospérité, émancipation. Mais à quel prix ? L'affaire Snowden, qui a révélé le système de surveillance planétaire mis en place par le gouvernement américain avec la complicité de la Silicon Valley, ne fut en réalité qu'un symptôme.
Dans ce livre incisif, Evgeny Morozov nous invite à résister à ce qu'il appelle le "solutionnisme", croyance largement partagée, des hackers aux makers, en passant bien sûr par les couloirs de la Maison blanche : la tendance à voir dans la technologie numérique une panacée universelle, qui résoudra tous nos problèmes, des plus banals (trouver un restaurant) aux plus complexes (éradiquer la pauvreté et les inégalités).
Les services de renseignement furent pionniers dans ce domaine : se désintéressant des racines historiques et politiques du terrorisme, ils le traitèrent comme un simple problème d'identification de suspects et de récolte d'informations en continu. Surtout, du renseignement à la vie quotidienne - et retour ! -, un nouveau système de gouvernance s'installe : la "régulation algorithmique", qui menace, plus que notre vie privée, nos libertés mêmes.
A-t-on encore besoin de lois quand on dispose de capteurs numériques qui analysent notre comportement ? Et, tandis que l'"informationnalisation" de la société rend l'individu totalement transparent, l'Etat et les multinationales sont quant à eux libres de poursuivre tranquillement leurs desseins, dans la plus grande opacité. Contrairement à ce que certains prédisaient, les nouvelles technologies n'ont altéré ni les rapports de pouvoir ni la concentration au sein du système capitaliste : elles pourraient même, à brève échéance, les renforcer.
La technologie est donc devenue une affaire beaucoup trop grave pour être laissée aux informaticiens, aux entrepreneurs et aux gouvernants.  
Evgeny Morozov est un chercheur indépendant, spécialiste des nouvelles technologies. Il écrit régulièrement dans le Guardian, The Nation ou The New Republic. En France, ses textes sont parus dans Slate, Le Monde, Le Monde diplomatique. L'un de ses ouvrages a été traduit : Pour tout résoudre, cliquez ici (FYP, 2014). 


samedi 7 novembre 2015

Héloïse Nez, Podemos de l’indignation aux élections

Héloïse Nez
Podemos de l’indignation aux élections
Les Petits matins
2015

Présentation de l'éditeur
« C’était quand, la dernière fois que vous avez voté avec espoir ? » Avec ce slogan, Podemos a créé la surprise aux élections européennes de mai 2014, en remportant cinq sièges de députés européens et près de 8 % des suffrages. Un an plus tard, le parti s’implique dans les « candidatures d’unité populaire » qui gagnent les villes de Madrid et de Barcelone.
Comment expliquer un tel succès ? Ce livre revient sur les origines de Podemos, créé par des universitaires et des militants d’extrême gauche en janvier 2014, et interroge ses relations avec le mouvement des Indignés. Il analyse les raisons de son ascension rapide, en particulier sa volonté de renouveler le débat politique et de mettre en avant la figure d’un leader, mais aussi ses limites.
En quoi l’expérience espagnole peut-elle inspirer la gauche française ? Podemos peut-il être à l’origine d’un autre gouvernement anti-austérité, après les tentatives de Syriza en Grèce, et contribuer à une nouvelle orientation politique de l’Union européenne ?
Héloïse Nez est sociologue, maître de conférences à l’université de Tours et membre du laboratoire Citeres. Spécialiste de la démocratie participative et des mouvements sociaux, elle mène des recherches depuis plus de quatre ans sur les Indignés et Podemos en Espagne.

lundi 2 novembre 2015

écouter: Nicolas Roussellier, La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles


écouter: Nicolas Roussellier, La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 31.10.2015

Nicolas Roussellier
La force de gouverner
Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles
Gallimard
NRF Essais
2015

Présentation de l'éditeur
Au commencement, les régimes politiques modernes visèrent à affaiblir les pouvoirs du gouvernement. En France, les républicains n'eurent de cesse de réduire la puissance du pouvoir exécutif, afin de conjurer l’arbitraire de la monarchie et de l’empire. Aujourd’hui, notre démocratie présidentielle est concentrée autour d’un chef suprême, tenu non plus pour un obstacle à l’expression du peuple mais pour son principal vecteur. Que s’est-il passé?
Des années 1870 aux années 1930, les assemblées ont contrôlé l’essentiel de la confection des lois et ont dominé l’action du gouvernement, dans une continuité stable, grâce notamment à la permanence des commissions, alors que se succédaient les cabinets. On doit à cette République du Parlement, donc du débat et du compromis, le substrat qui nous régit encore : laïcité, libertés publiques (presse, réunion, syndicats, associations), système moderne de l’enseignement public, protection sociale.
La conduite de la guerre devenue mondiale et le combat contre la crise économique majeure de 1929 instillent à droite comme à gauche l’idée d’un Exécutif fort, clé de voûte constitutionnelle. Depuis la Cinquième République, l’Exécutif décide des lois et de leur instabilité car il en change selon sa couleur politique, et limite la discussion parlementaire qui n’inspire plus l'esprit du régime.
D’où le paradoxe qu’analyse Nicolas Roussellier dans ce grand livre : les juristes se gargarisent d’une «tradition républicaine», véritable vue de l’esprit puisque la logique du régime actuel est l’exact opposé de l’ancien esprit républicain. Historiquement parlant, il n’y a pas eu une République mais deux. Et contrairement à d’autres pays, la France n’a pas su mener à bien la modernisation du pouvoir gouvernemental tout en préservant une tradition parlementaire : elle est passée d’un déséquilibre institutionnel à un autre. Chaque jour, on le constate, elle en paie politiquement le prix fort.  
Historien de la France politique contemporaine, Nicolas Roussellier enseigne à l'Institut des sciences politiques de Paris.